Lettre ouverte au monde et à ma famille

Cet article est dans la lignée de certains que j’ai déjà fait, un peu plus personnel, pour le plaisir d’écrire, dire ce que je pense et je ressens. Je ne souhaite pas m’afficher, mais j’aime partager mes écrits pour ceux qui aiment lire ce que je fais. N’y voyez que ce que vous voulez.

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Les idées font leur chemin dans mes synapses comme mon coeur mais j’ai du mal à les contrôler, je vois leur trainées s’enrouler autour de mon corps pour me filer entre les doigts quand je tente de les saisir. Tel des petites créatures avec leur conscience elles me fixent des yeux pour se rire de moi et s’enfuir en se moquant.
Autant de mots et de discussions qui m’échappent. Tout ce que je n’arrive avoir avec quiconque, ces êtres ont dans leur regard tous les reflets atroces qui me poignardent tel un écho de mes innombrables échecs et ratés. Je vous méprise autant que je vous envie.

Mais je hais surtout cette barrière qui me sépare du reste de l’humanité, cette barrière que je suis le seul à m’épuiser éternellement à tenter de briser, quand je vous vois de l’autre coté assis, immobile, à me reprocher mon manque de succès, mon manque d’effort.

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Bien que j’ai réussi à vivre de chouettes choses, cette foutue barrière est toujours là, à me narguer avec sa simple existence, et malgré les nombreux dégâts que je lui ai fait, au dépend de mon énergie, ma santé, elle est toujours là.

Quasiment personne de mon entourage, mes amis, mes amours, et ma propre famille, n’était là quand je n’avais plus rien, je n’avais personne à qui parler quand ma vie était en danger, et encore moins de gens qui étaient là pour me comprendre ou même me croire.

Je n’existais pour personne et mon existence n’avait pas de valeur que celle que je tentais de gagner chaque jour en d’innombrable combats contre la vie elle-même, jusqu’à devoir me battre bec et ongle avec la justice, la médecine ou les organismes administratifs. Personne n’a jamais vraiment porté intérêt à ce qui me faisait de bien, je ne pouvais partager avec personne. A part peut-être, si je fouille dans mes souvenirs, avec des gens comme Florian qui lui est toujours là malgré les tentatives de nous séparer, ou nos bêtises respectives parfois car nous ne sommes pas parfait et parfois objectivement con. Mais pas autant que l’écrasante majorité de ma famille, et les seuls qui valaient de l’intérêt comme Serge est mort quand je n’étais encore qu’un bébé, ou Raphaël a fini sous un train, ou Germaine qui a finit par mourir oubliée de tous ses enfants sur son divan rempli de poux et de puces. De mémoire, l’un des rares dignes d’intérêt encore en vie, Miguel, a toujours été mal vu, et aujourd’hui je suppose que lui aussi essaye d’éviter plus que possible tous ces barakis lépreux cérébraux.

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Ce n’est quand même pourtant pas compliqué d’être curieux et de s’intéresser à ce qui existe autour de nous, de faire un simple petit pas vers l’autre malgré nos innombrables différences. Que ce soit nos vêtements, notre couleur de peau, nos cheveux, nos goûts, nos idées, nos choix de vie… A quoi ça rime de condamner quelqu’un d’un crime sans victime au simple de nous de notre sensibilité car il nous a « offensé » parce qu’il aime une musique étrange qui crie au lieu de la merde réchauffée qu’on nous sert tous les jours à la radio et la télé, ou parce qu’il préfère les jeux-vidéos au sport ? « T’es pas normal » … Putain…

Parfois je me demande si j’ai vraiment perdu quelque chose à ne plus avoir de vos nouvelles, ou que vous n’avez jamais vraiment essayer à en prendre de moi. Je n’ai rien contre vous, mais bon… Est-ce que je comptais pour vous ? Est-ce que je faisais vraiment parti de la famille ? Vous vous battiez tellement entre vous parfois, que je me demande qui en fait vraiment parti. Et dire que je suis prêt à parier que la dernière parole de Germaine a été de dire « Je voudrais juste que vous vous entendiez »…

Que ce soit la famille de Jocelyne, ou celle de Serge, c’est un peu comparer du vomis et de la diarrhée. Je n’ose pas imaginer comment vous réagiriez si je vous disais que je suis autiste… Ce sera un « on est tous un peu autiste » peut-être ? ou alors (fort probablement) « c’est quoi l’autisme ? »… j’hésite…

Dire que Andrée a été littéralement abandonnée par sa famille (qu’elle a adopté car son seul fils biologique est mort quand j’avais même pas 3 ans !) et sa belle fille qui l’a battue et maltraité dans tous les sens possibles et je suis l’un des seuls à savoir qu’elle est encore en vie à perdre la tête dans une maison de repos, à dire des choses sans sens, et sauter de joie comme un enfant à qui on offre un bonbon quand je lui ramène un paquet de frite. Et dans son seul et unique petit moment de joie depuis plusieurs mois car je n’arrive pas à aller la voir autant que je devrais car c’est éprouvant émotionnellement, elle ne peut pas s’empêcher de m’offrir une frite ou un morceau de fricandelle… Ce n’est pas une femme parfaite, je suis le premier à le dire et à m’en souvenir, j’ai d’ailleurs pas toujours été sympa avec… mais putain… vous me dégoutez… vous mériteriez tellement une série de baffe en pleine gueule et dans les couilles…

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Franchement, je ne m’en veux pas de dire, pour plus de rapidité et de simplicité « je n’ai pas de famille ».

Que ce soit faire face à ma santé mentale qui s’effilochent à force des traumatismes à l’école, ou la folie de Jocelyne, ou les épreuves amoureuses, ou la solitude qui rongeait mon être, ou la difficulté de vie d’être un ado de 16 ans dont sa maison vient de partir en flamme, ou le fait que je n’ai aucune éducation décente et que j’ai été livré à moi même la majeure partie de ma vie… j’ai réussi à survivre, car il s’agit de survie et pas de vie. Ce n’est que grâce à un « truc » que je suis incapable d’identifier mais que plusieurs personnes, dont mes psy parlent en tant que « petit miracle » que j’ai réussi à devenir qui je suis, cultivé, intelligent, une bonne personne.

Je m’en fout de qui vous êtes, que vous êtes ma famille, un lambda, ou une superstar, je vous respecterais si vous le méritez, car on a trop abusé de ma confiance et de ma naiveté.

L’une des plus grosses séquelles que je porte de tout ça ne sont pas mes crises d’angoisses à répétition, comme quand on me dit un truc tout con et insignifiant dans un magasin d’alimentation sociale pour les personnes pauvres, et que je pars en trombe car je suis incapable de gérer mes émotions malgré mes antidépresseurs. Ce n’est pas non plus mes problèmes d’hygiènes ou d’alimentation, avoir du me battre pour avoir un logement (plusieurs fois) et avoir un peu d’argent pour vivre, la parano de manipulations et de chantages divers et variés (affectifs compris), mes différents troubles, addictions, ou mes difficultés sociales en générale ou mon coeur et mes rêves brisés à répétition, ou mon éternel besoin de reconnaissance dans tout ce que je fais car je n’ai aucune confiance en moi …

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C’est plutôt dans la simple difficulté que face à ma soeur qui ressurgit de nulle part et que je me suis dépêché de contacter en espérant enfin avoir un morceau de « famille », et que je suis incapable de savoir quoi lui dire, comment faire…

J’aimerais tellement brisé cette barrière, cette barrière que tous les humains mettent entre-eux. Je voudrais tellement savoir quel est la recette magique, je voudrais tellement avoir appris comment à créer des liens, pas à avoir à calculer quel est mon degré d’investissement pour ne pas finir déçu car c’est tout ce qui m’a été inculqué toute ma vie. Devoir doser le degré d’ouverture et de confiance que j’offre à mon prochain, à quel moment je vais me faire trahir et finir dans une position où je suis irrémédiablement vulnérable et à la merci de la cruauté de mon propre frère.

L’ignorance n’est pas à blâmer, ni une fatalité, c’est la condition humaine qui fait que l’on se réveille toujours plus bête que lorsqu’on se couchera au soir. En tout cas moi c’est mon leitmotiv, je veux apprendre, je veux partager, je veux offrir, je veux recevoir.

Je ne suis qu’un trésor prêt à être découvert, plein de richesses pour ceux qui m’aiment et que j’aime. Pourquoi devez-vous toujours tuer la poule au oeufs d’ors ? Pourquoi toujours privilégier l’égoisme ? Pourquoi tenir votre égo en si haute importance ? Ce n’est même pas de la fierté, ou de l’honneur…

Je serais toujours là pour quiconque, tout le monde le mérite… mais vous avez réussi à me faire douter de la bonté de l’humanité. Fort heureusement, pour moi, pour vous, vous avez échouer. Et un jour j’aurais ma famille.

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4 réflexions au sujet de « Lettre ouverte au monde et à ma famille »

  1. salut à toi sa fait quelques semaines que je suis tombé sur ton blog que je trouve franchement sympa, je suis pas trop du genre à commenter mais avec ce dernier article, qui m’a fait écho sur certains points
    en ce moment j’ai des problèmes avec ma famille qui s’éloigne de plus en plus, ça fait donc vraiment plaisir de te lire

    Aimé par 1 personne

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