J’ai rêvé de toi, papa, cette nuit

 

Bouleversé par un rêve, je n’ai pu résisté à écrire quelque chose sur le thème de ce dernier. Cet article n’a pas de réel sens en soi, il n’a pas de réel message, il est rempli de métaphore, de symboles, de mystiques… ce n’est au fond qu’un exercice d’écriture cathartique.

***

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Comprendre le sens de ses rêves est le même que percer le secret de la vie elle-même. Un jeu de piste d’illusions où les perspectives perdent leur sens et nous renvoient à notre propre confusion.

Depuis mon réveil, mes émotions se bousculent, je sens esprit vaciller entre les extrêmes, comme une embarcation fragile balloter par les tsunamis incompréhensibles de mon subconscient.
J’ai rêvé de toi cette nuit, pour la première fois, là où usuellement j’ai l’habitude de me sentir pris au piège d’un film d’horreur, des monstres et créatures me chassant tel une proie, des monstres et créatures au regard bien souvent humains, des visages que j’ai connu, des visages que j’ai aimé, des visages que j’ai haï, des visages bien plus monstrueux et terrifiants que des vrais monstres, ceux qui dévorent les êtres humains, mais jamais autant que ceux qui hantent mes songes ne m’ont dévoré le coeur et l’esprit.

J’étais dans un lit en bonne compagnie, puis la réalité a changée, les évènements se sont enchainés, comme si dieu lui-même avait changé le contexte et le décor, reliant difficilement deux dimensions, à tel point que mon esprit n’était pas capable de comprendre. Puis, je l’ai vu, encore, elle, cette connasse qui m’a réduis en morceaux tant de fois, elle portait ce que je rêve un jour de pouvoir voir sur elle, cette future, cette unique, celle que la légende m’a promis. Je l’ai vu à moitié nue dans ce magnifique porte jarretelle rouge, je l’ai vu désirable, mais prise, prise par ce connard qui me l’a dérobé, organisé par ce traitre qui m’a poignardé dans le dos, quand j’étais le plus vulnérable, quand j’étais le plus faible. Je hais ma faiblesse… je me hais si souvent…

Et tu étais là, toi… mais que faisais-tu là ? pourquoi ?

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Ce n’est pas de la pitié que d’épargner quelqu’un qui est au plus bas, c’est de l’humanité.

J’ai t’ai vu à travers cette porte ouverte, je t’ai reconnu, j’ai voulu te parler. Je t’ai sorti de ce coté de ma métaphore onirique, j’ai fermé la porte, séparant deux pathos. Je t’ai parlé, et puis je me souviens avoir brisé mes affaires, mes figurines chéries, celle que cette connasse m’a pratiquement littéralement volé. Elle m’a volé une partie de ma vie, une partie de mon enfance, les trop rares bons souvenirs de mon passé, ce qui avait de la valeur, ce qui avait du sens, ce qui avait de l’importance, ce que j’avais choisi d’extirper des griffes de l’oubli, ce saint oubli salvateur, cet oubli dont j’ai tant besoins.
Je les ais cassées, je les ais abimées…

Tu étais là à me regarder, tu n’as rien dis, tu ne m’as pas blâmé, tu ne m’as peut-être pas compris non plus, je le ne serais peut-être jamais, mais tu étais là, et tu m’as laissé faire, fusse-t’il une bêtise ou une bonne chose. Tu te contentais de fumer ta cigarette et me parlait distraitement de gentilles banalités, mais des banalités agréables, comme si nous étions de vieux amis rattrapant le temps perdu.

Puis, de nulle part est sorti, de ta poche peut-être je ne sais pas, un billet pour un festival de musique. D’où venaient-ils ? Etait-ce la connasse qui les avait pris pour moi ? Etait-ce toi ? Je ne sais pas… ou peut-être que mon conscient refuse de comprendre… je suis perdu… mais ce festival est le festival de ma musique, celle que j’aime, celle qui me fait vibrer, celle qui m’appelle, celle qui me libère… un festival de metal… et tu as bien voulu y aller avec moi, et là, soudainement, nous avons discuter des modalités, et nous étions pressés par le temps pour s’y rendre, comme d’habitude, dans cette vie de merde on est tous toujours trop pressé et jamais assez nous-même. Putain.

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« La haine soigne, vous devriez essayer de temps en temps » – Slayer

Et là… tu m’as offert le plus beau cadeau que je n’aurais jamais pu rêvé. Tu m’as offert la vie, toi et maman, même si elle est devenu folle, mais je ne suis pas capable de me souvenir de ma naissance, ni de ma conception, qui je suis sur s’est fait au moins un peu d’amour, mais ce cadeau-là… je jure de faire de mon mieux pour le chérir et m’en souvenir. J’écris cet article de merde uniquement pour cette seule chose-là. Ce seul fragment d’instant. Ce seul évènement fugace qui s’est produit dans le creux de mon cerveau malade et angoissé. Tu n’as pas prononcer un mot. Mais tu m’as regardé avec surprise, et étonnement, avec un peu de fierté, et même s’il ne s’est pas passer grand chose, j’ai senti. Oui. J’ai senti quelque chose. Tu as fais de grand yeux, tu ne t’y attendais pas. C’était une heureuse surprise pour toi, c’était une révélation. C’était beau pour toi, et bon, pour que tu ais cette réaction.

C’était quand je t’ai dis que ce n’est pas grave si nous devions aller au festival demain matin, tôt, car lundi, je n’allais pas à l’école, ni ne travaillais, car moi, j’écris des livres.

Mon père est fier de moi.

papa

Je ne t’ai pas assez connu pour avoir de réels souvenirs de toi, si ce n’est des flashs et des bribes d’un moment où tu t’es battu avec maman, je ne connais de toi que ce qu’on a bien voulu me dire, je ne sais même pas vraiment de quoi tu es mort, ni ta date de naissance, et pourtant, tu me manques tellement dans cette horrible réalité où je me sens si seul, abandonné, pas respecté, mal aimé… Dis moi… Serais-tu devenu un ange ? Si oui, veux tu bien le devenir ? J’en aurais bien besoin… Je serais heureux de savoir que tu m’aimes encore, et que tu veilles sur moi…

Serge Evrard
1962-1991

RIP

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