Ma première victoire … (double article, part II)

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We meet again …

Ceci est la deuxième partie d’un double article. Avant d’entamer cet article je vous conseille de lire la première partie (arrêtez-vous tout de suite et aller le lire si ce n’est pas déjà fait), peut-être comprendrez-vous mieux où je tente de vous emmener avec un petit concept que j’ai trouvé. Cet article devrait être moins long que le premier, mais ça restera un beau pavé quand même (EDIT : fail …)

En me promenant sur des groupes relatif à l’autisme, j’apprends l’existence des Aspiedays à Lille, une « convention » sur l’autisme sans déficience intellectuelle, avec des conférences, des stands, et tout et tout … ça m’intéresse !

Problème, même si c’est à Lille et que ce n’est pas si loin, et bien, il faut dormir dans un hotel ou autre, il faut payer le transport en commun , faut manger sur place (le prix de votre bouffe en france, surtout dans ce genre d’endroit, sans dec’ c’est abusé) etc. Lourd.
Cela me semblait plus simple d’aller au Grand Prix je trouvais. Surtout que ce n’est qu’après que j’ai vu que c’était à Grand Palais … là où donc je suis déjà aller, je connaissais le chemin. C’était facile en fait.
Et malgré pas mal de temps à réfléchir, pondérer le pour et le contre, je contacte Morosophe (collègue magicien) pour demander si c’est possible de m’héberger. Deux semaines plus tard je reçois confirmation. Je suis joie.

Donc voilà, après avoir affronté genre 3500 geeks (bah oui même s’il n’y avait « que » 2500+ au main event, y a tous les autres à cotés qui ne sont pas compris dans ce chiffre) je me dis que quelques autistes ne pouvaient pas me faire peur.
Je prévois un petit budget bouffe, mon sac est bien plus léger que lorsque j’étais là pour du Magic, et même si je stress un petit peu, et bien, ça ne peut que bien se passer. Je prévois juste une plaquette de Sedistress pour m’aider à ne pas trop angoisser quand je sens que ça monte trop.

Voici donc, de la même façon que j’ai écris mon « road trip » au Grand Prix Magic de Lille, je vais raconter comment j’ai vécu ces Aspiedays. Point de compte rendu des conférences, pas de prises de notes où j’aurais écrit n’importe quoi (et surtout pas ce qu’il faut) et qui de toute façon n’auraient jamais étés utilisées … juste moi qui raconte ma petite vie sur comment cela s’est passé cette « convention » pour ma petite gueule. Qui j’ai vu, qu’est-ce que j’ai été écouté, ce que j’en ai retenu, etc etc.

*****

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J’y étais aussi.

N’ayant pas envie de payer trop cher le voyage jusque Lille je demande à Morosophe de venir me chercher à la gare de Tournai, et n’ayant pas envie de faire le tout trop hardcore j’y vais « tard », je n’arrive sur place à la conférence que pour un peu avant 15h. J’ai +- prévu de passer tout l’évènement en compagnie d’une camarade en cours de diagnostique qui ne cracherait pas sur ma présence pour être moins perdue sur place.

Arrivé sur place car Morosophe me dépose gentiment juste en face de Grand Palais, comme pour le grand prix quand je suis entré dans le lieu où tous les joueurs étaient rassemblé, je prends le temps de me détendre, de me promener. Je reste dehors pour entretenir mon cancer du poumon et je tourne, je fume, j’écoute le casque branché à mon mp3 déverser la musique que j’aime, et petit à petit je me prépare à rentrer.

J’écrase mon cigare, je passe la porte, un gentil gardien me demande d’ouvrir mon sac, dévoilant mon tshirt de rechange, ma boite de cigare, mon chargeur mp3/téléphone, et ne prend pas la peine de fouiller d’avantage pour découvrir mon couteau cranté pour assassiner tout le monde (c’est de l’humour, je déconne …). Je passe par le stand pour donner 20€ pour mon joli bracelet en papier, et je monte les marches vers le lieu des conférences.
Ce n’est pas la même partie du grand palais que j’ai fréquenté quand je suis venu la fois passé. Celle-ci est plus « propre » plus « riche ». Les salles du grand prix étaient vaste, bétonnée, froide, avec un grand espace pour les joueurs et les vendeurs et autres. Ici ce ne sont que des petits espaces, et bien sur les salles de conférence. Au final on ne doit pas être si loin en terme de superficie, mais le tout est beaucoup plus découpé, et bien sur, plus « chic ».

Je fais le petit tour-qui-va-bien des exposants, et je regarde sur mon programme pour la première conférence.

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Une partie du petit village.

La première conférence à laquelle j’assiste est de Amaria Bagdhadli sur les recommandations des bonnes pratiques.
Etant encore sur le coup de l’arrivée, j’ai un peu de mal à suivre, je suis un peu stressé, mais ce que j’ai retenu est que sans surprise, l’important (crucial même) est un diagnostic tôt, et de s’adapter à la personne, notamment à travers un stratégie d’empowerment (renforcer le positif et les atouts de la personne). Je n’aurais vu que la fin de la conférence, et quelques questions.

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La plupart des photos en amphi sont dégueulasses. Je m’en excuse.

Ma camarade me contacte me disant qu’elle est dans une salle voisine, une table ronde sur les études supérieures.
Je m’y rend, et j’entends des choses positives qui, j’avoue, m’ont rendu pas mal jaloux ont me l’ont foutu mal. Tout ce dont ils parlaient, j’eus aimé pouvoir en profiter dans ma jeunesse. J’ai eu l’impression qu’ils parlaient de tout ce que je n’ai pas eu dans ma scolarité, que ce soit la sympathie des camarades, un service m’accompagnant dans mes études, ou des professeurs qui étaient respectueux de ma personne.
Je me suis reconnu dans le témoignage d’une personne asperger qui travaillait dans une de ces antennes aidant les étudiants, et son parcours m’a touché. J’aurais tellement aimé pouvoir avoir accès à ce genre de chose … Bref, trêve de mièvreries.

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Comment aider des étudiants autistes ? Bêtement en leur demandant ce dont ils ont besoin.

La conférence terminée je peux enfin sympathiser de vive voix avec ma camarade que je ne connais qu’à travers mon cable internet. Je la salue de loin (la fourbe ne souhaite pas faire la bise, je suis triste :C – humour – ) et nous papotons, puis fumons un peu ensemble.
Vu que c’est la fin de la journée (il ne reste rien à part un petit film) nous remontons pour faire une nouvelle fois le tour des exposants, et nous allons voir le café asperger, et la salle de répit.
Le film étant potentiellement intéressant nous décidons de nous y rendre, et il est ma foi touchant, drole, et intéressant, mettant en lumière pas mal de difficultés de diverses personnes, ainsi que le rapport à leur famille et proche. Il en existe quelques uns de ce calibre, mais il a le mérite d’exister, et j’ai plus qu’apprécié son visionnage.

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J’ai rigolé quand ils ont galérer à relancer le film alors qu’il suffisait de mettre la 2e partie directement dans la playlist de VLC ^^

C’est la fin de ce cours premier jour, si j’avais pu j’aurais dis à mon pote que je venais plus tôt, mais bon, j’ai pas voulu faire mon chiant à changer l’horaire (c’est déjà gentil de sa part de faire tout ça).
Je partage un dernier moment fumeur avec ma camarade, j’attends mon ami (qui galère à me choper à cause de, je cite « un nouveau plan circulation de merde ») et je suis de nouveau chez Lan, sa petite amie.
Nous papotons de Magic, notre jeu fétiche, et quand je lui demande ce que je lui dois pour le service rendu, il bafouille quelque chose qui signifie qu’en fait ce n’est rien … me sentant redevable je sors une boite de boosters magic, et je lui demande d’en choisir 2 en signe de dédommagement, et j’attends Lan pour lui en offrir un à elle aussi. Il rigole. Et quand je tend la boite de booster pour que Lan choisisse le sien elle dit en rigolant « tu te balades toujours avec des cartes magic ? » … si elle savait !
Nous avalons une bonne pate sauce bolo cuisiné par ses soins, nous faisons deux parties de jeu de société (une que je gagne, une qu’il gagne) et nous allons au lit. Je met encore 2 ans à m’endormir mais bon, j’ai l’habitude.

Le lendemain matin le réveil est difficile, j’ai vu quelque chose qui m’a déplu sur internet (vie intime je préfère pas détailler ici), j’ai la tête dans le cul, mais Morosophe me conduit bien gentiment pour 10h à la convention, je ne veux bien évidemment pas louper la star du jour, Julie Dachez.
Arrivé sur place je reprends le temps de m’approprier le lieu, et je croise une camarade belge qui arrive au même moment. On se fait « un gros betche » (un gros bisou en wallon) et eux montent car il fait froid. Moi j’apprécie le brouillard … je trouve ça beau. Un temps comme je les aime (je supporte pas la chaleur et le soleil).

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Manque plus que de la pluie et un orage pour me rendre heureux.

J’arrive dans l’amphithéatre en avance, je m’installe, et cela commence. La conférence tenue par ses soins est top, elle parle de la stratégie de coping chez les personnes autistes sans déficience intellectuelle. Je ne saurais restituer avec justice ses propos, mais grosso merdo, il s’agit simplement de différentes méthodes pour sortir de situation de stress ou d’angoisse, comment faire face à certaines difficultés dans la vie sociale. Qu’il s’agisse de militantisme, de rapprochement de pairs qui sont rejetés (autistes ou non), du lien qu’on peut avoir avec des animaux, de l’humour, et sans doutes un ou deux autres que j’ai oublié. Son exposé est limpide et pertinent.

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Et toi tu fais comment pour aller mieux quand c’est la merde ?

Vient le moment des questions … et là … quelque chose survient en moi. Je voudrais prendre la parole.
Elle a joué un grand rôle dans mon diagnostique, ses vidéos, ainsi que d’autres auxquels elle a participé (avec notamment une jeune fille qui dessine des loups, j’ai oublié le nom du reportage ou le nom de cette personne, mais ça je m’en souviens) m’ont permis de me questionner sur l’hypothèse de l’autisme en ce qui me concerne. Que ce soit son blog, ou ses vidéos.
Je me souviens avoir montré ses vidéos à mes proches, qui m’ont majoritairement nié. Cette personne qui fait une conférence à laquelle je participe a joué un rôle dans mon parcours, et a aidé à me sortir de mes souffrances, elle m’a (au moins en partie) sauvé la vie, c’est la première que j’ai vu. Que ce soit celle où elle parle de la théorie des cuillères, celle où elle raconte les discours reçus quand on parle de notre autisme, etc etc. C’était cette personne.

Les questions s’enchainent, une grande partie ne sont pas des questions, mais des remerciements pour le rôle qu’elle a joué avec sa bande dessinée. Certaines personnes pleurent en la remerciant. Ca ne me surprend pas …

Je me dis que l’heure tourne, et j’aimerais beaucoup moi aussi prendre la parole, la remercier, et surtout lui demander dans quelle mesure la communication, l’ouverture à « l’autre » peut avoir un rôle dans le coping, moi qui galère beaucoup dans ma vie sociale je voudrais savoir comment me sortir de cette problématique de solitude.

Ca y est … j’suis foutu … Je lève la main sans même m’en rendre compte … un micro arrive dans ma main … je commence à souffler, à frotter mes jambes, à claque des doigts. Pire encore, quand je vois un responsable commencer à parler je me dis « ça y est c’est la dernière, c’est maintenant ou jamais », je lève la main, voir saute pour avoir mon tour. Je suis complètement barjo !

On me donne la parole, et là mes jambes flageolent, je manque presque de me casser la gueule, et je tremble, jusque dans ma voix. Je me présente, puis je bafouille mon témoignage et ma question, je fais même une blague nulle sur les belges, les gens rigolent et je me ridiculise, et je pousse le vice à parler de mon livre et donner l’adresse de mon blog à haute voix (en référence à son parcours sur son blog, sa chaine youtube et sa bande dessinée).
Involontairement je fais une remarque sur le suicide car je suis passé par là à quelque reprises (que ce soit par les pensées ou la tentative à proprement parler). Je suis tellement nerveux que je m’exprime mal et elle ne comprend pas ma question et je dois la repréciser.
Elle finit par mieux saisir (j’espère …) et commence à répondre, expliquant que manifestement elle est contente que j’en parle car c’est trop tabou.

J’étais tellement nerveux que je n’ai pas totalement entendu sa réponse, je ne comprenais plus ce que j’entendais, alors je vais vous mettre ce que ma camarade belge, qui assistait à la conférence m’a re-expliqué à mon retour chez moi;

Moi; Suis gêné à retardement … 😣

Elle; Bah pourquoi? Faut pas. Elle a apprécié en plus
M;
Ah. Javais pas capter. A part qu’apparement le truc de suicide c’est bien car on en parle pas
E;
Ben oui, comme elle a dit c’est tabou
M;
J’étais tellement paniqué que j’ai pas capter toute sa réponse …
E;
Bah elle a dit qu’elle avait eu ce genre d’idée aussi, et que malheureusement c’était encore tabou mais qu’il y avait beaucoup d’autistes qui y pensaient
M;
Ok. Moi ma question c’était dans quelle mesure la communication était importante dans le coping, pour notamment sortir de l’isolement, avec référence a son blog et son livre et sa chaine youtube
E;
Ça elle a dit qu’elle savait pas trop répondre et que elle ce qui l’avait beaucoup aidé c’était de discuter avec d’autres autistes et elle s’est refait un cercle comme ça
M;
Bon bah merci de me retraduire

Un autre camarade belge présent m’a précisé;

« Je n’ai pas osé aller voir Julie Dachez, pourtant je le souhaitais, mais ne sachant que dire… (elle était ensuite à 14h près des exposants…). Pour apporter une réponse, Julie a aussi dit dans sa réponse à ta question sur le suicide que sans le diagnostic, « elle ne serait plus de ce monde ». Ca a jeté un léger froid dans la salle car je pense que les gens n’imaginaient pas que même d’elle, ces « pensées suicidaires » avaient existé (le sujet est tabou)… Donc il a été très bon d’ouvrir ce sujet. »

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« J’suis désolé j’écoutais pas » … sauf que là j’écoutais mais j’ai quand même rien bité

La conférence terminée, je cours presque pour sortir et aller en salle de répit car là … ouf c’est dur, et presque arrivé, je me rends compte … OH MON DIEU J’AI OUBLIER MON TELEPHONE O_O

J’étais tellement putain de stresser que j’ai posé mon téléphone et je l’ai oublié. Là je cours réellement où j’étais assis et je retrouve tranquillement posé sur le fauteuil d’à coté, mon téléphone. Peinard. Pas de vol.Ouf merci mon dieu de faire que les autistes ne sont pas des voleurs.

Et là je vois au loin madame dachez se faire harceler par des fans en furie (bon en fait ils étaient calme mais voilà elle avait un troupeau de 10 personnes qui lui courraient après).
Je tente de m’approcher pour lui poser une autre question et pouvoir échanger quelques mots. Les personnes sont priés de quitter la zone car il faut que la prochaine conférencière puisse se préparer, et là un monsieur patibulaire, charmant et gentil (en fait c’est celui qui est sur l’image où je parle du film qui a été projeté) me salue et me parle de mon blog que j’ai cité. Nous discutons, et il me parle de mon livre également, là je m’empresse de lui dire que je cherche un éditeur sympa, qui fait son job et qui respecterait mes difficultés sans tenter de m’enculer (chose que je souhaite demander à madame dachez), il me dit très gentiment qu’il se renseignera et me donne rdv à ce même endroit pour que je revienne lui parler plus tard.

Sur ce je lui dis à plus tard et je piste l’endroit où madame dachez à instauré son avant poste pour recevoir sa horde de fan (je dis ça gentiment hein, j’me moque pas, j’en fais moi même parti …).

J’attends mon tour, et là commence quelque chose qui s’est produit plusieurs fois dans la journée, une personne me salue dans la file pour parler à Julie Dachez, une dame belge qui réagit à mon témoignage et ma question lors de la conférence. On papote et elle m’explique la difficulté d’avoir un diagnostic en Belgique du à un manque de CRA. Sa fille qui attendait de faire dédicacer sa BD (je crois) s’en va, et elle me dit poliment au revoir.

Mon tour arrive après quelques minutes, et je suis presque aussi nerveux que lorsque j’ai posé ma question dans l’amphithéatre. Je réitère mes remerciements pour son travail, et le rôle qu’elle a joué dans mon parcours. Elle me salue même par mon prénom, elle m’a reconnu O_O.
Je lui demande donc à propos de mon livre, ma recherche d’éditeur, et je lui demande si elle a des pistes, comment elle a pu réussir à publier sa BD. Elle m’explique que c’est un coup de chance car sa partenaire avait une maison d’édition, c’était donc plus facile. Elle m’encourage à la contacter par mail pour voir si elle a des tuyaux pour moi (ce que je vais m’empresser de faire une fois cet article publié).
Timidement, car je suis assez … expressif dirons nous, je lui demande si je peux lui serrer la main (j’aurais proposé un câlin mais bon ça le fait pas et puis la majorité des personnes autistes ne supportent pas donc, voilà, tant pis pour moi), qu’elle accepte avec un sourire. Et je lui dis au revoir et bonne journée.

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Moi quand quelqu’un me félicite ou me fait plaisir, et à quelques détails près comment j’étais à la fin de la discussion avec Julie Dachez.

Je tombe sur ma camarade de la veille, qui apparemment a encore plus dur que moi, et nous décidons d’aller fumer un peu, du coup je lui parle de tout ce qui s’est passé avec la conférence juste avant. Après avoir entretenu notre cancer nous remontons vers les exposants, et elle va faire son petit tour car moi j’aimerais aller à la salle de répit à un moment, ou boire un petit thé au café asperger.

Le café asperger n’est pas disponible à ce moment, du coup je vais pour prendre un petit truc à manger car il commence à faire faim … et là ça commence à un peu s’enchainer vite.
Une autre personne (inconnue) me salue. Elle souhaite avoir l’adresse de mon blog.
Là à l’intérieur ça a refait un coup comme le gif ci-dessus … et je donne avec plaisir l’adresse, et nous papotons, avant que je dise que je dois y aller car j’ai faim et je voudrais m’isoler un instant histoire de faire descendre la pression.
Et là pouf une autre personne me salue, un camarade belge à qui j’avais +- mis rendez-vous, on papote et tout, et là il me montre du doigt une autre personne avec qui j’ai dialogué par mail, elle organise LE SEUL café asperger belge via une liste mail. Je souhaitais proposer à cette dame une collaboration pour dynamiser la chose, offrir d’avantage de visibilité, offrir peut-être mon discord pour organiser ça en virtuel aussi à l’occasion.
Nous papotons, un grand monsieur anglais nous salue et papote avec nous. Je revois ma camarade belge qui faisait le tour des exposants, on papote aussi, puis à un moment je dis que j’y vais car je veux bouffer, puis me poser, et aussi vite fait parler avec la dame ou au moins lui demander à quel heure je peux repasser car elle parlait avec quelqu’un.
Finalement la personne dit gentiment « je repasserais plus tard moi j’suis un exposant juste à coté », je m’excuse d’avoir fait irruption, je voulais juste demander vite fait à quel heure je peux repasser, et il insiste de me laisser son tour.
Nous échangeons, et parlons un peu de ce que je souhaite lui proposer, et au bout d’un moment je dis que je vais la laisser avec les autres personnes qui attendent leur tour, et je vais enfin me poser et manger.
J’arrive enfin dans la salle de répit …

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Je n’ai pas pris de photo de la salle de répit par respect pour les personnes présentes, à la place je vous présente mon chat, Chaussette, qui fait la sieste.

Il y avait quelques personnes dans un coin appuyé sur le mur, d’autres allongées par terre. La salle était apparemment utilisée à dessein, et permettait aux gens de se poser un peu. Je m’assied à une table, j’ouvre le plus silencieusement possible le plastique de ma wrap (super cher) et je mange.
Mon casque toujours sur mes oreilles, je profite du clair obscur de la pièce pour me détendre un peu. C’est une longue journée mine de rien, et il se passe plein de choses … J’étais tellement pressé que lorsque j’ai vu ma camarade belge dans un coin je n’ai pas fait coucou ni rien, sachant en plus qu’elle ne resterait pas longtemps, et j’ai préféré filer en salle de répit (je sais que tu m’en voudras pas mais bon, désolé quand même).

Au bout d’une dizaine de minute, je sors, et je vais refaire un tour, là passe un bénévole qui cherche apparemment à papoter avec des gens, je lui demande s’il fume, il me dit « laisses moi le temps d’aller chercher mes clopes », et je lui demande s’il aime bien les cigares, il me dit surpris « ah bah ouai » et du coup, une fois sur un petit balcon je lui en donne un en cadeau. Il a l’air d’apprécier. On discute de tout et de rien, il me dit apprécier lui aussi des streamers de jeux vidéos comme Fantabobgames, et j’apprécie cet échange.
Finalement nous nous séparons après cette papote et je file voir la conférence sur la situation de l’autisme au Liban par Edith Kouba Hreich. Je suis d’ailleurs en retard la conférence a déjà commencé depuis une dizaine de minutes …

J’apprends, comme je m’y attendais, que la situation n’est pas simple là bas, que ce soit par les moyens ou la culture. Son parcours d’orthophoniste lui a permis d’apprendre beaucoup de chose (elle ne connaissait pas l’autisme au départ), et de faire évoluer la situation, d’offrir des possibilités à des personnes dans le besoin. C’était très intéressant de voir comment les choses sont traités dans un autre continent, surtout dans la zone du proche orient.

Je revois également le monsieur que j’avais vu plus tôt qui m’avait demandé pour mon blog et mon livre. Après quelques échanges il prend mon téléphone et mon mail pour me recontacter voir s’il a des pistes car il connait un imprimeur qui pourrait m’aider. Merci !

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L’autisme en Asie.

Cette conférence terminée je file pour la sale de répit pour être de nouveau au calme, et je tombe sur un jeune couple qui me salue, et me parle eux aussi de mon blog. Je leur redonne l’adresse, et ils me donnent également leur mail pour que je leur envoie mon livre (merci !).
Je leur dis au revoir et je me redirige vers la salle de répit quand je tombe sur … le jeune bénévole qui me reconnait, me présente à un ami à lui, et m’offre d’aller dans la salle asperger pour un petit thé que j’accepte avec plaisir (le thé c’est la vie).

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Pas de visage par respect.

Dans la salle je retrouve mon camarade belge qui m’a montré que la dame qui gère le café asperger, et nous papotons un petit peu avec un autre jeune homme qu’il avait rencontré plus tôt. Une fois mon thé avalé je le laisse car une autre conférence démarre et elle m’intéresse ENORMEMENT … celle sur la sexualité.
La sexualité, c’est un gros morceau pour moi, déjà car je suis de base très romantique, mais aussi car j’ai envie de voir comment on peut parler de la sexualité par rapport à l’autisme. Je dis au revoir à mon camarade et je file à l’amphithéatre.

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Ôh oui dis moi tout.

Cette conférence, qui était je pense la 2e ou la 3e que je voulais le plus voir dans cette convention m’a été très intéressante.
En résumé, et je pense que je me trompe pas, l’autisme et le sexe, c’est pas simple.
Que ce soit pour la séduction, que ce soit pour savoir ce qu’on aime ou pas, savoir ce que notre partenaire aime ou pas, et comment « pratiquer l’acte en lui-même ». La sexualité c’est une compétence, un apprentissage. Et ça, c’est très important …

C’est encore plus compliqué pour quelqu’un qui ne comprend pas l’implicite, quelqu’un qui ne décode pas le langage non verbal (ici signifiant surtout corporel), etc etc.
Merci donc pour ces informations, je pense qu’elles me seront personnellement très utile.

La fin de la journée approche, et je retrouve ma camarade d’internet, qui ne sait pas trop où aller, si elle va déjà rentrer ou non, je lui propose d’aller écouter le discours de clôture.
Le discours est simple, il consiste en un remerciement d’être venu, et une chanson chanté par un jeune chanteur asperger. J’avoue, ce n’est pas mon style, j’ai pas aimé plus que ça, mais je salue la performance, et notamment sa belle voix qui, je pense, avec un peu de pratique pourrait lui ouvrir des portes. GG à toi mon gars.

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Les autistes ont du talent

Nous sortons finalement ma camarade et moi, fumons un petit peu (bah oui faut bien financer cette pauvre industrie du tabac, ils ont besoin de nos sous) et nous déplorons, quasi en même temps, le fait que cela soit fini.
Pour moi, comme pour elle … ces Aspiedays ont été super. Pas seulement pour la qualité des conférences, mais pour l’atmosphère qui y régnait. C’était agréable, confortable. Je me suis senti dans un petit coquin, comme « à la maison », comme si j’étais enfin chez moi … cela a fait un bien FOU !
Et c’est avec tristesse et dépit que presque en choeur, lorsqu’une dame est venu nous demander à un arrêt de bus où j’attendais mon ami qui venait me chercher pour me conduire à la gare de Tournai, pour la troisième fois en 15 secondes si on savait où allait le bus qui passait, et que nous avons répondu 3 fois que nous ne venions pas d’ici donc ne savions pas … et bien nous nous sommes regardés, on a presque soupiré, et on s’est dit « bordel … fais chier le retour à la réalité ».

Voilà comment j’ai vécu ces Aspiedays, comme une bouffée d’air frais. Comme si j’avais retrouvé ma planète. Comme si enfin un endroit sur terre me comprenait, comme si enfin j’avais trouvé mes frères et mes soeurs perdues …
Je me sentais … bien … et je vous souhaite, cher lecteur, de vous aussi retrouver cette sensation d’être « à la maison ».

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Home sweet home.

Après ma première guerre, qui pour moi n’avait pas été un résultat satisfaisant car je suis un connard perfectionniste jamais content, j’ai gouté, à retardement, à ma première victoire.
La victoire contre l’adversité, la victoire contre l’incompréhension, la victoire contre l’inconfort, la victoire contre le mépris, la victoire contre la haine, la victoire contre l’injustice, la victoire face à l’inconnu, la victoire face aux questions sans réponses, la victoire face aux échecs répétés et répétés et répétés auxquels je n’arrive pas à trouver de solution, la victoire face à mon parcours qui me perdait chaque jour un peu plus dans l’incertitude … la victoire face à moi-même, ou plutôt, la réconciliation avec moi-même.
Merci Aspiedays. Merci aux personnes qui ont permis cette redécouverte de moi même. Merci à vous qui me lisez. Merci pour cette victoire.

A la prochaine pour une autre aventure. Je vous embrasse.

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Ma première victoire …

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*****

Enchanté de vous rencontrer. Laissez-moi vous raconter une histoire … c’est l’histoire d’un mec …

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