Ma première Guerre … (double article, part I)

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Simplement le meilleur jeu jamais créer.

Ceci est la première partie d’un double article. Je vous laisse découvrir le dénouement par vous-même, sans vous indiquer de quoi il sera sujet. Je vous préviens juste que ce sera long. Très long. Bon courage et bonne lecture pour ceux qui se taperont l’entièreté, mais je ne pouvais simplement pas faire court (ni plus court), je voulais pousser le concept jusqu’au bout.

Je vais commencer cette histoire par le « report » du grand prix Lille du jeu Magic : The Gathering auquel j’ai participé. Magic … c’est ma grande passion. Ce jeu, je ne dirais pas que c’est toute ma vie, mais presque. Je ne conçois pas mon existence sans m’y intéresser, être au courant des dernières sorties, de vouloir faire une petite partie. Il est tellement riche, tellement beau, tellement agréable, permet tellement de chose. C’est juste … magique.

Je pense que mes lecteurs sont probablement unanimement néophyte et ne savent pas de quoi il s’agit, donc, petite introduction …

Magic : The Gathering (Magic : L’assemblée en français) est un jeu de cartes.Chaque joueur utilise ces cartes pour générer des ressources (symbolisé par du mana, produit notamment par des terrains) et joue des sortilèges, ou invoque des créatures pour vaincre son adversaire.Le tout se passe dans un multivers (un univers multiple) où des êtres appelés « Planeswalker » (arpenteur en français) voyage à travers les plans, et explore différent monde. Que ce soit un monde peuplé de créature horrifique, une forêt enchanteresse, une planète métalique peuplé de robot, ou une ville géante inspiré du steampunk, magic offre à chaque fois son lot d’originalité, de fantaisie, de beauté, de richesse, et d’émerveillement.

Je ne compte pas l’argent que j’ai dépensé dans ce jeu, et le nombre d’heures (de jours voir des semaines voir des mois entiers entiers !) passé à perfectionner mon deck (un paquet de carte construit par mes soins). Collection, stratégie, jeu, plaisir, et monde imaginaire … vous vous doutez bien, je ne peux qu’être conquis.

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Voilà à quoi ça ressemble exactement

J’ai passé également de nombreuses heures à lire des histoires sur ce jeu, leur univers riche, merveilleux (bien que j’ai quelques critiques sur la façon dont ils gèrent leur storyline aujourd’hui…). D’ailleurs chacun de mes decks est accompagné d’une histoire que je développe, un contexte … Souvent je m’inspire d’une référence artistique, qu’elle soit cinématographique ou musicale.
Voici un exemple de ce qu’on peut retrouver dans ce jeu, le genre d’histoires qu’ils proposent. Celle-ci est sans AUCUN DOUTE POSSIBLE ma préférée. Je l’ai regardé religieusement d’innombrables fois, parfois les larmes aux yeux;

Bon, maintenant que ça c’est fait, passons à la suite … Je vais essayer de laisser l’article le plus tel que possible, comme je l’ai écris sur le site spécialisé où je l’ai posté initiallement, mais je vais essayer d’adapter ou couper certains passages trop techniques. Rassurez-vous, ce ne sera pas trop complexe, il s’agit plus d’un « road trip » qu’autre chose, mais je raconte les évènements que j’ai vécu là-bas, et aussi comment je les ai vécu.
Je vais mettre des parenthèses ou annotations NDLR qui signifie « note de la rédaction » pour apporter des précisions nécessaires.
Si la lecture devient trop technique, sautez le paragraphe et reprenez au suivant … normalement il y aura peu de moment imbuvable avec du jargon de magic.
Bon. C’est parti.

 *****

Ceci fait office de mon report du GP Lille. Si vous espérez trouver un listing de mes games, les sorties des deux cotés, les in/out de side (ndlr : le side consiste en des cartes choisies que l’on rentre lors des 2e et 3e partie du match pour améliorer son jeu), etc etc, c’est pas le bon plan. Pour être honnête, je me souviens pas de tout. C’est brouillon dans mes souvenirs. Et à l’avenir pour palier à ça, je ferais comme Snapvigne (ndlr : un collègue magicien) avait mentionné (ptete involontairement) … je noterais sur mon bordel de feuille de pv (ndlr : point de vie) l’archétype que j’ai affronté, nom du joueur, etc etc, et normalement je m’en souviendrais avec d’avantage de facilité. Là je l’ai pas fais.

Ce que vous allez lire est plutôt un espèce de carnet de voyage, un retour sur ce que j’ai vécu durant ces 3 jours intenses. Y a 2-3 personnes qui m’ont encouragé à faire un report (surtout Noskcaj – ndlr : un autre collègue), et étant déjà motivé de base mais ne pouvant offrir un report « classique », bon, bah j’vais assumer ces lignes et pi voilà.

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J’y étais.

J’ai commencé à jouer à magic en juin 2009, bien que je connaissais déjà le jeu avant, sans m’y etre d’avantage attardé. A l’époque j’étais surtout à fond sur Warhammer (ndlr : un wargame stratégique fantastique ou futuristes avec des figurines à peindre et monter), mais ça commençait à m’ennuyer. Poussé par un pote, j’ai décidé de tester, et derechef, j’ai plongé dans le jeu. Très rapidement j’ai commencé à acheter frénétiquement des boosters (ndlr : paquet de cartes), des boites, j’ai passé des journées entière à améliorer mes pauvres petits decks casuals (ndlr : casual = joueur occasionnel, non sérieux), puis j’ai fait des achats sur internet (mon premier achat fut chez Collecprenium sur magic-ville – ndlr : un site spécialisé -).  A partir de là je savais que j’étais foutu. Je n’ai jamais regretté d’avoir accordé autant de temps à ce jeu, et tout ce qu’il m’a apporté.

J’ai commencé à regarder les live magic sur Twitch (ndlr : twitch est un site de streaming en live, comme à la télévision lors d’un match de foot), des redifs de gros évènement, mais jamais je n’ai fais de tournoi. Je n’osais pas, je ne me sentais pas à la hauteur. Je me disais que je n’avais pas ma place, et aucune chance de faire quoi que ce soit digne d’intérêt dans ce genre d’évènement prestigieux. Je n’ai jamais réussi grand chose dans ma vie, alors à quoi bon ?

Nombre de gens (par exemple Raphael de l’Outpost Bruxelles  – ndlr : outpost est un magasin spécialisé dans magic-) m’ont encouragé à le faire, ne comprenant pas pourquoi je n’en faisais pas. Puis j’ai timidement fais des prerelease, sur une dizaine j’ai fais 3 fois top 8 (ndlr : le but d’un tournoi, finir dans les 8 meilleurs et passer en phase éliminatoire pour désigner le vainqueur de l’évènement). J’ai fait 3 tournois « officiels » en boutiques (T2 alara/zendikar, legacy en 2009, et un pptq modern en 2015 – ndlr : t2 est un format spécifique de magic, une façon de jouer-). A chacun je faisais mieux que le précédent, et j’ai été fier d’avoir fait 14e lors d’un pptq (ndlr : pptq = preliminary pro-tour qualifier, un tournoi relativement sérieux où les joueurs sont en compétition pour un évènement professionnel) à l’Outpost bruxelles, moi qui pensait n’avoir aucune chance … je me dis que peut-être, en fait, j’ai le potentiel. Est-ce de l’égo ou une intuition ?

Je me suis dis à ce moment précis qu’il fallait que je tente un évènement plus gros, un vrai truc de bonhomme. Un GP (ndlr : grand prix)près de chez moi de mon format favori … l’occasion était là. En plus on m’offrait le gite et le couvert (merci à Morosophe et sa charmante demoiselle – ndlr : Morosophe est un ami magicien Lillois-). Si j’osais prétendre pouvoir peut-être avoir le niveau, je me devais d’aller affronter l’épreuve du feu.

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Mon bébé que j’ai travaillé pendant 4 ans que j’ai emmené avec moi là-bas. Si vous ne comprenez rien c’est normal.

Je suis arrivé vendredi vers 16h à Lille Grand Palais, après avoir démaré à midi de Namur. Dégoulinant de sueur avec la chaleur, bien 10kg sur le dos compacté dans un sac de randonnée, j’ai passé bien 10 minutes à faire le tour, me promenant entre les tables, les gens, m’imprégnant du lieu, de l’évènement, de la chance que j’avais d’être là, et du courage que j’allais devoir d’avantage rassembler.

Mon deck, sans doutes pas autant travaillé et pensé que j’aurais souhaité, est prêt depuis longtemps, c’est le même (mais petit à petit amélioré avec le temps) que je joue depuis bien 4 ans. Jouant encore et toujours 4 vexing devil malgré les hurlements de « c’est pas bien car tu laisses le choix à l’adversaire ». Ce deck je le connais par coeur, j’ai d’innombrables parties à mon actif, j’ai scruté la liste des heures et des semaines entière, réfléchissant à toutes les possibilités pour le rendre meilleur. Il était temps de faire ma première partie.

Je collecte les cartes qui me manquent aux stores présents, je fais un petit échange avec un vieux camarade rencontré sur place (Samfoil, merci pour la thalia Foil – ndlr : samfoil est un collègue magicien, et une carte « foil » est une carte brillante, donc plus rare, donc plus cher en argent -), je lache 65 € pour le main event, et 15€ de plus pour le last chance (ndlr : un évènement qui donne des bonus pour l’évènement principal le lendemain-) qui se terminera à presque minuit car du retard s’est accumulé.

Mon deck déroule bien, et je smash mes adversaires à coup de chat, de gorille, de gobelin, de diable, parfois boosté par le bloodrush d’un ghor clan, d’un atarka’s command, ou par une foudre salvatrice.

« Moi je fais dans le sonore et le dégueulasse, c’est mon style. »

Sin City, Marv.

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Mon personnage préféré de mon film/comics préféré. J’en parlerais surement d’avantage un jour sur ce blog.

Je fais 3-2, j’aurais du faire 4-1 (ndlr : victoire – défaite), mais lors de la dernière manche, je tombe contre un espagnol qui ne parle pas anglais. Je tente de lui dire que s’il souhaite, on peut faire draw (ndlr : draw = match nul), ou jouer, ça m’est égal, mais dans le cas d’un draw on s’assure d’avantage de booster car les bye (ndlr : victoire automatique) offert ne nous sont plus accessible. Il m’explique (après 5 minutes de confusions, et l’aide d’un interprète) qu’ayant 7 points il n’est pas intéressé.

Je gagne la première, et à la 2, un ami à lui s’approche de notre table et tape la discute avec. Ils parlent espagnol et je ne comprends rien bien entendu.

Un deuxième pote débarque, et là cela devient encore plus enjoué. Ils commentent nos plays (ndlr : les choix que nous faisons dans la partie), ou réagissent à nos draw (ndlr : dans ce cas-ci, la pioche des cartes) par des expressions sonores. A un moment mon adversaire montre carrément sa main à ses potes, et ils gloussent ensemble, malgré qu’un judge ait appelé aux non-joueurs à quitter la zone de jeu. Je suis perturbé, et commence à faire n’importe quoi, je joue dans ses wrath (ndlr : un sort qui détruit toutes les créatures en jeu), je n’attaque pas car j’imagine une menace invisible, etc etc. Bref, de la grosse merde. Je perd 2-1 (et fais donc 3-2). A la fin du match, je demande à parler à un judge, expliquant ce qui s’est passé. Il m’encourage à exprimer le souhait de faire partir quand je le souhaite, et qu’il existe un point de règle sur les « spectateurs ». Un juge italien fort sympathique ma foi. Quoi qu’il en soit je retiendrais la leçon à l’avenir.

Je termine donc ce j-0 par un gout amer, mais je constate encore une fois que je peux faire des choses, et qu’il ne tient qu’à moi de faire quelque chose de bien demain.

Morosophe vient me chercher à environ minuit, et nous finissons la soirée à un anniversaire auquel il participait. Je rencontre des gens, papote, et fait la connaissance de la gentille Lan (demoiselle de morosphe) qui m’hébergera dans son domicile. Nous rentrons vers 3h du matin, et je m’endors vers 4h/4h30 du à mes difficultés d’endormissement. Debout 7h15 la tête dans le cul jusqu’au cou, je n’ai pas les yeux en face des trous. Nous arrivons de justesse à l’heure, et je manque de peu d’avoir un game loss (ndlr : partir avec une première manche perdue dans le match) car j’ai oublié ma decklist, que je m’empresse d’écrire sur une feuille random donné par un judge.

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Je ne suis pas du tout stressé … et je n’ai pas du tout la tête dans le cul …

Le jour 1 commence mal, car lors de ma première game, je muligan 5, 0 land(ndlr : remélanger sa main de départ avec un nombre de carte inférieur à 7, chiffre initial, donc un désavantage. Land = terrain, ressource principale pour jouer) . Je décide de me dire « bon, c’est perdu, fuck this, je vais rien jouer et attendre de voir ce que mon adversaire joue ».
Après quelques draw, toujours 0 land, mon adversaire enchaine accélérateur, serment de nissa, doubling season, et ultimate jace de ravnica pour voir ma bibliothèque. Je concède en réponse.

Ca m’a pas beaucoup aidé mais je sais +- ce qui est en face.

Je gagne la 2 en mode « tour 1 experiment one, tour 2 burning tree, burning tree, bushwacker, tu prends 11 ». Il concède tour 3.
la game 3 est plus longue, mais je domine très largement, forçant mon adversaire à chumpblock (ndlr : sacrifier une créature pour empêcher l’adversaire d’attaquer nos points de vie) mes mini-steak avec ses birds, il ne touche rien. Bon, si toutes mes games sont comme ça je veux bien mul à 5 0 land tous les jours.

J’enchaine mes games sans problème dans +- le même esprit, ne rencontrant que peu de grosses difficultés à ma grande surprise. Même des collected company melira/kitchen finks ne font pas le poid face à ma grosse … armée.

Ma première défaite me met un coup au moral (je crois que c’est la ronde 6). Mon adversaire appelle le judge car mes cartes sont dans différents sens, je ne fais jamais attention à ce genre de détail, ce qui est contraire au règle car considéré comme « cartes marquées ». Je prends un warning, puis le juge est appelé une 2e fois pour le même probleme malgré mes efforts pour qu’elles soient toutes dans le même sens. C’est là que je constate que Niarfounet (ndlr : collègue magicien, juge) est présent, j’aurais préféré le voir dans d’autres circonstances mais bon, soit. Il m’explique que si ça se reproduit à nouveau, je peux prendre un game loss. Il m’encourage à faire appel à un juge si je sens que le probleme se reproduirait. A partir de là je prends le pli de prendre plus de temps pour checker mes cartes, acheter peut être d’autres sleeves (ndlr : pochette de protection pour les cartes) qui m’aideront à ne plus avoir ce genre de soucis. Cependant je perd quand même 2-1 le match car trop stressé, et un batterskull m’achève quand je ne parviens pas à trouver de solutions pour coller les derniers point de vie adverse.

7e ronde, je suis à 6-1, je vais à ma table (numéro 41 si je me souviens bien), et je vois que je suis contre un polonais (nom Kowalski), habillé d’un maillot de l’équipe nationale de football. Je m’apprête à mélanger, quand on cite mon nom pour la feature match area. WTF ? (ndlr : feature match area = zone où des journalistes et/ou des caméras nous filment pendant qu’on joue, souvent retransmis sur Twitch)

Je demande à mon adversaire si c’est un pro player ou quelque chose comme ça, il me dit avec un peu d’humilité « well, i’m gold ». OMG (ndlr : être joueur pro gold = être payé à jouer, mon rêve quoi)

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Je vais bien tout va bien …

Je lui dis que c’est un honneur pour moi de jouer contre quelqu’un de son calibre, et nous commençons notre match. Je suis bien entendu paniqué comme une pucelle à son premier aller-retour.

Il joue dredge, je me dis que ça va être tendu du slip pour moi. Je fais ce que je peux pour le descendre, anticiper ses plays et ses conflagrations qui peuvent m’achever out of nowhere. Je le descend à 3, et je ne parviens pas à toucher bolt/atarka/ghor clan. Il win.

Je side mes grave hate (2 path, 2 cage, 1 RIP), et je prie pour les toucher. J’ouvre en main de départ 1 land, rip, et une tripoté de créa à 1 (2 nacalt, gorille, guide, devil). J’hésite sévèrement. Un seul autre land m’ouvre la porte de la silver bullet RIP.

Je choisi de garder, j’hésite sur mon land à chercher … et opte finalement pour un RG pour m’assurer les créatures en attendant le 2e land pour RIP. Je ne touche pas mon 2e land avant quelque tour, et c’est une basic forest. Je perd naturellement, mon pari n’a pas fonctionné.

Je remercie mon adversaire pour les games, et je quitte la feature match area en me disant que j’ai fait ce que j’ai pu, même si ce n’était pas glorieux.

Je termine la journée en me vengeant d’un autre dredge, où là rip et cage l’ont envoyé dans l’espace face à mes chatons/gob/gorille/diable.

Je rentre content de moi de pouvoir faire J-2 grace à mon 7-2. Je rencontre enfin snapvigne (il est mignon avec son bouc et son chapeau), pyrogob, et je constate que mikey manque beaucoup d’éléments IRL comparé à la racaille que je m’imaginais dans ma tête. Je suis un peu déçu de sa tronche IRL (les photos tinder c’est toujours mensonger), un brin jaloux de son 9-0, mais content de rencontrer des personnes connues.

J’ai suivi les performances de morosophe tout le long de la journée, dès que je finissais je profitais de mes 20 minutes de clock (ndlr : montre) restantes pour aller le chercker. Il n’est pas jouasse face à ses résultats et préfère drop 1-4 pour aller faire 3-1 à un scellé mirrodin/darksteel (ce fourbe est doué en limité – ndlr : limité est un format différent, une autre façon de jouer à magic-).

Après cette journée remplie, épuisante, je profite enfin du repos du guerrier (sans femelle) et je dors plus de 3h cette nuit-ci.

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Mon cerveau préfère apparemment penser à tous les scénarios possibles dans une partie de magic que de dormir.

Le jour 2 commence encore moins bien que le jour 1, car je perd sur un missplay (ndlr : erreur stratégique) de vrai débile mental que j’ai presque honte de raconter. En résumé il est 7-8pv, on est tous les deux en topdeck (ndlr : topdeck = situation où les joueurs attendent une pioche chanceuse) et joue jund, donc je flippe sur topdeck kitchen ou kalitas. J’ai un bushwacker sur table, il a deux cartes en main, et peut animer son raging ravine. J’ai deux foudre en main.

Comme un gros con je décide de ne pas attaquer, car dans ma tête, dans un univers parallèle, ravine gagne un marqueur lors du block. Je perds bien légitimement et maudis ma stupidité, car à la fin de la game, ce connard est à 2pv, et j’ai de toute façon du gaspiller une foudre sur le ravin qui attaquait tour après ma non-attaque. Il n’avait rien en main ce tour là of course.
Je perd 2-1 et je décide d’aller fracasser ma tête dans le mur le plus proche en attendant la prochaine ronde.

Je tombe contre un affinity à un moment (probablement la ronde 4 du jour 2). Je perd 2-0 et maudis un peu ma malchance de flooder (ndlr : overdose) en mana en plus que mon adversaire ne peut s’empecher de toucher Vault Skrige/cranial/etched champion, malgré qu’à la 2 je touche des anti arto mais ils ne suffiront pas. J’enchaine victoire/défaite/victoire/défaite et à chaque moment inter-ronde je tourne en rond en claquant des doigts pour essayer de calmer ma crise de panique et me répéter, je cite « c’est juste une autre game de magic, fais tes trucs et pense pas à autre chose. ».

Je suis à 10-4, ma dernière ronde, en cas de win, me permet de prétendre peut-être à un cash prize (ndlr : gagner de l’argent). Je rassemble mon courage une dernière fois, et jette tout ce que j’ai dans la bataille.
Je tombe contre un simili miroir (ndlr : miroir = un jeu identique). Sauf que ce monsieur joue des path/helix/figure of destiny maindeck (ndlr : maindeck = jeu principal, sans le side). A la 1 je le descend à 3, et avant que je puisse topdeck un blast, me colle une helix, qui m’enverra dans l’espace avec sa figure of destiny 4/4.
A la deux je rentre des path et helix, et là il me sort kor firewalker. Je me bat vaillement, mais le deuxième kor firewalker m’empechera tout espoir de prétendre au cash prize, ou au top 100.
Un peu salty (ndlr : terme internet pour dire amer/mécontent/dégouté) de ma dernière défaite 2-0, ainsi que de ma 162e place (ndlr : sur les 2500+ participants).

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Sentiment général de ma performance => Mouais … peut mieux faire.

Beaucoup de gens m’ont félicité, ou m’ont dit que je devrais être content de moi. J’ai du mal à l’être
Je sais que c’est « something », mais je suis un chouia déçu de moi, de mes missplay, de mon manque de préparation, de mon side qui pourrait être mieux, des erreurs de jugements que j’ai faite qui m’ont couté des games.

Il y a une chose dont je suis fier, c’est que cela n’a pas été facile pour moi de faire ce voyage, de prendre mon sac, de partir à l’aventure comme ça. Je n’ai pratiquement jamais voyagé par moi-même, et je suis parfois terrorisé par le « dehors ». Me retrouver ainsi, c’est une victoire.
Je suis aussi fier d’une autre chose, c’est que mon intuition, l’idée que j’ai osé pensé, n’a pas été invalidé par ce GP-Lille, celui que peut-être, j’ai une chance pour faire quelque chose dans magic, que je peux être capable de faire jour 2, que je peux peut-être un jour faire du cash prize, et que peut-être, un jour, je serais dans un top 8.

Je me fais la promesse à moi-même, de faire tout ce que je peux pour atteindre ces objectifs, et de ne pas lésiner sur mes efforts. Tel le livre que je me suis promis d’écrire il y a 4 ans, qui est sur le point de passer entre les mains d’une correctrice pour ensuite passer dans les mains d’une maison d’édition, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour me donner les moyens d’approcher ces objectifs.

Because that’s how winners are made …

La suite de cette histoire dans la 2e partie de ce double article.

*****

En bonus, la musique que je me passais en boucle la veille de mon départ, et quelques minutes avant de prendre le train pour Lille;

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