L’instabilité universelle

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Le hasard des rencontres.

Je me suis perdu de nombreuses fois sur la route de l’estime de soi, et de la confiance en l’autre. Aujourd’hui, je dois avouer être terrorisé à l’idée de faire confiance. Je ne souhaite plus m’ouvrir comme je le faisais jadis.
Je me suis toujours vu comme un hippie, laissant la porte ouverte à tous, peu importe leur origine, leur apparence, leurs gouts, leurs différences. Chacun était le bienvenu à mes côtés. Le monde devait tourner ainsi selon moi, et dans une certaine mesure je le pense toujours. A quoi bon rester chacun dans son coin ?
Et pourtant, je me suis fait trahir, j’ai été poignardé dans le dos de nombreuses fois, tellement que l’arrière de mon corps était devenu un putain de pot de fleur.

J’ai continué à croire à l’autre, j’ai continué de croire en l’homme (bien que ça n’a pas toujours été le cas, j’ai eu une passe très misanthrope) mais malgré tout, j’y ai toujours cru. Je me dis encore aujourd’hui « quel gâchis ce serait » en pensant à la vilénie absolue de la nature humaine … il y a tant de bon en ce monde, tant de choses belles, qui valent la peine d’exister, et à coté, il y a tant d’horreur, tant de choses détestables.
J’ai toujours été très réaliste, et je refuse de voir « juste le bon » et « juste le mal ». Quand je croise une personne abusivement positive, j’ai envie de la baffer, et à l’inverse quand je croise une personne abusivement négative, j’ai envie de la baffer.

Alors dans ce monde à la fois si moche et si joli, comment avoir confiance en l’autre, et comment avoir de l’estime de soi ?
Je reviens de loin en ce qui me concerne, je n’ai pas connu la maladie (enfin à part l’autisme et l’asthme, mais je continue à financer activement mon futur cancer des poumons), je n’ai pas connu la guerre (quoi que …), mais le reste j’y ai suffisamment goûté que pour avoir mon lot de traumas divers et variés.

Pourtant … je continue d’avancer, et d’y croire, bêtement sans doute. Et je continue d’être déçu, je continue de me faire avoir. Comme un bleu. Et je commence à en avoir sacrément marre.
Jadis, lorsque cela n’allait pas, lorsque quelqu’un se jouait de moi, cela se passait en trois phases. La première, je freeze, je bug, je ne réagis plus, je suis interloqué, comme frappé par un coup qui met du temps à faire son effet. La deuxième, je pète un câble, et j’ai envie de tout casser, de rage, de désespoir, de colère, de tristesse. Même si avec le temps j’ai vu de la beauté dans cette « sainte colère » comme je l’appelle, qui à mon sens doit sortir, et surtout ne pas rester enfermée en soi.
Mais quand elle sort quand et comme il ne faut pas, elle est parfois lourde de conséquences, et j’ai encore peur aujourd’hui d’un jour commettre quelque chose d’irréparable. Blesser une personne chère, ou me blesser moi. C’est d’ailleurs celle-là cette fameuse 3e phase, souvent accompagnée de passades dépressives.

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La tragédie d’un destin.

Bien sûr, j’ai commis des erreurs par le passé, des tas, bien trop à mon goût … et mon perfectionnisme maniaque a encore du mal à s’en remettre, mais j’ai fait (en partie) la paix avec tout ça. Malgré tout, cela n’aide pas à avoir une estime de soi décente, et encore moins à avoir confiance en l’autre.
Lorsqu’elles sont effritées, c’est difficile à récupérer, parfois même jamais.

Je dirais que de l’estime de soi, nait la connaissance de soi, et ainsi peut naître la confiance en l’autre. Maintenant, dans les faits, c’est loin d’être aussi simple.
S’estimer, ou s’aimer en plus court et direct, est compliqué, et je dirais que ça l’est encore plus dans une société très individualiste comme aujourd’hui, ou le gain et l’égo ont une place importante, et donc forcément, c’est pas évident d’avoir confiance en l’autre.

Constamment mises à l’épreuve, les développer prend du temps, beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Et un coup de pouce de bonne fortune également.  Naitre dans une bonne famille, rencontrer de bonnes personnes à l’école, tomber sur un bon travail avec un bon patron et de bons collègues, tomber amoureux de « l’unique » … tous ces trucs qui bien que clichés, fondent l’essentiel de qui nous sommes, et c’est un parcours qui n’est pas donné à tous. C’est un vrai apprentissage, et c’est plus difficile quand personne ne peut prendre le temps de tout vous apprendre correctement.

Quel pourcentage d’êtres humains, aujourd’hui, a réellement une bonne estime de lui, et vraiment confiance en l’autre ?
20 ? 15 ? 10 ? … 5 ? Personnellement je miserais sur 1, et je pense même être généreux avec ce chiffre. Car sur 7 milliards d’êtres humains (chiffre qui a probablement grandi depuis) cela donnerait 7 millions, ce qui me semble hautement présomptueux pour le sort de l’humanité.

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Hulk. Ou moi qui pondère sur ma place dans ce monde de lépreux cérébraux sans coeur.

J’ai vécu un certain nombre de peines de coeur, des demoiselles que j’aimais, et qui disaient m’aimer, et tout est parti en fumée pour bullshit reason à la con.
Pour les lecteurs qui me connaissent un peu, ou qui savent lire entre les lignes, il n’est pas neuf que la question de la relation amoureuse a une place importante dans ma vie, et c’est bien là où il faut avoir le plus d’estime de soi, et de confiance en l’autre.
Sans être un coeur d’artichaut, je tombe vite sous le charme, et je pars tout aussi vite à faire des plans sur la comète … et bien que je tiens à garder cette part rêveuse et innocente de mon être, il faut bien à un moment que j’apprenne à ne plus me casser la gueule de cette façon. C’est bon maintenant, j’ai donné.

Et comme dans tout chemin de vie, comme dans tout lien social, c’est l’estime de soi qui compte (et par extension la confiance en l’autre).
Cette estime de soi, il faut la trouver au plus profond de soi, ce qui fait de nous ce que nous sommes, et il s’agit simplement de se laisser aller à faire et être ce qui nous vient naturellement … et cette confiance en l’autre, il ne faut pas la donner à n’importe qui, malheureusement. C’est tout de même triste d’en arriver là, mais c’est ainsi. Il faut se respecter pour se faire respecter.

Nous perdrons toujours des gens que nous aimons sur le chemin de notre existence, parfois même des gens qui nous aiment, mais que ce soit l’un ou l’autre cela se fait rarement sans notre consentement (cfr : Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement. – Eleanor Roosevelt ).
Mais la personne la plus importante à ne pas perdre, c’est nous-même, et ça, c’est putain de dur parfois … mais j’ai bon espoir qu’au moins je fasse quelques progrès en la matière.

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Philosophie made in Dikkenek.

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But now yeah … I’m thinking I’m back !

Regardez « John Wick » ❤

Et vous pouvez aussi écouter « John Wick » ❤

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